14 octobre de 9h00 à 10h30 et de 11h00 à 12h30
La formation professionnelle est incontournable pour un retour à l’emploi durable des salariés en parcours. Elle permet de développer leurs qualifications tout en tenant compte des besoins du marché du travail. L’exemple avec la formation «Assistant(e) informatique et Internet à domicile» de MODE 83, la formation action « Illettrisme et consignes d’hygiène et sécurité » mise en place par le COORACE Bourgogne et l’atelier de professionnalisation « services à la personne » développé par Solidarité Service.
Intervenants : Henri BERNARDON et Pietro LADU (Solidarité Service, association intermédiaire, Saône et Loire), Yves SIBILAUD (Association Méditerranée Ordinateurs pour le Développement et l’Emploi, Var), Brigitte RENAUD (COORACE Bourgogne).
Début 2006, la mairie de Monceau les Mines cherche des solutions pour favoriser le maintien des personnes âgées à domicile dans un ancien quartier minier. En parallèle, on constate un fort taux de chômage sur les bassins d’emploi de Monceau les Mines et du Creusot. Une première action de formation pré-qualifiante de 60 h sur les services à la personne est organisée en mars 2006 pour 30 stagiaires qui se révèlent très motivés pour poursuivre vers une qualification. Forte de ce succès et largement soutenue par la DDTEFP, Solidarité Services, association intermédiaire locale, lance en octobre 2006, le premier « Atelier de professionnalisation sur les services à la personne ». Solidarité Services qui en est aujourd’hui à la 3e promotion et envisage d’ouvrir cet atelier aux stagiaires d’autres SIAE du département fait le point sur cette initiative. La parole à Henri BERNARDON et Pietro LADU mais également à une stagiaire de l’atelier…
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A l’origine, le COORACE Bourgogne décide d’accompagner collectivement 6 AI de Saône et Loire pour l’élaboration du « document unique », obligatoire pour toute entreprise. Un constat en ressort : les supports d’information sur les risques professionnels ne sont pas compréhensibles pour les personnes en situation d’illettrisme, bien que, en tant que salariés mis à disposition chez des particuliers ou en entreprise, elles effectuent des tâches comportant des risques identifiés. Une idée germe : demander à des salariés eux-mêmes en situation d’illettrisme de créer collectivement un nouveau support d’information sur la prévention des risques professionnels, projet permettant par la même occasion d’initier l’apprentissage de certains savoirs de base et des outils informatiques et TIC. Un résultat très riche à de multiples niveaux pour les 14 stagiaires qui se sont lancés volontairement dans cette aventure de 18 semaines, ne serait-ce que l’envie retrouvée d’apprendre… Brigitte RENAUD, coordinatrice du projet, témoigne.
De 2002 à 2005, dans le cadre du programme européen EQUAL, le COORACE PACA Corse expérimente avec succès une formation à destination de 80 personnes en difficulté, faiblement qualifiées. L’objectif de la formation est l’apprentissage de l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) grâce à une « entreprise virtuelle d’entrainement multimédia », en vue de favoriser l’accès des stagiaires au marché du travail. En parallèle, de nombreux facteurs convergent favorisant l’émergence d’un nouveau métier, celui d’assistant informatique et internet à domicile. D’où l’idée de créer une formation certifiante ayant pour ambition de qualifier pour ce nouveau métier des personnes en difficulté et de répondre ainsi aux besoins de recrutement à venir des organismes et associations de services à la personne, grandes surfaces spécialisées, espaces publics numériques,… Depuis 2006, de nombreux partenaires se sont associés au COORACE PACA Corse pour construire et expérimenter cette formation de 980 h avec 4 promotions de 10 personnes sur 2 départements. Le titre est enregistré au niveau IV au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) depuis avril 2009. Le défi est maintenant de promouvoir et d’essaimer la formation tout en stimulant le développement de ce nouveau service à la personne et a fortiori la création d’emplois. Yves SIBILAUD s’exprime sur le sujet en tant que directeur de MODE, partenaire du projet.
Compte-rendu de l’atelier animé par Isabelle CARTIER (Directrice Formation COORACE)
Le bénéfice de la formation va bien au-delà de la seule acquisition de connaissances et savoir-faire « métier ». De nombreux bénéfices connexes, à valoriser, sont constatés et contribuent de façon très significative au développement du bien-être et de l’employabilité des personnes, objectifs du parcours d’insertion.
Exemples :
- l’appétence retrouvée à l’apprentissage
- la découverte des nouvelles technologies de l’information et de la communication utiles au niveau tant professionnel que personnel (recherche sur internet, utilisation de la messagerie, SMS, initiation aux logiciels bureautique, photos, films,…)
- la réactivation/remobilisation de savoirs et capacités parfois oubliés
- le travail en groupe / en équipe permettant les échanges de pratiques et développant une émulation positive et le sentiment d’appartenance à un groupe (cf. pyramide des besoins fondamentaux de Maslow)
- la redynamisation globale de la personne grâce à une meilleure confiance en elle et image d’elle-même
- le développement de l’autonomie en général
- la prise de parole devant un groupe
- la reconnaissance objective en interne de connaissances, capacités voire compétences, valorisables à l’égard d’un futur employeur
- l’atteinte du niveau pré-requis pour entrer dans une formation qualifiante ou certifiante de niveau supérieur
- la prise de conscience de lacunes ou risques donnant l’envie d’aller plus loin
- un plus grand engagement et investissement de la personne dans son parcours d’insertion, dans la vie de la SIAE ou de l’entreprise en général et dans la réalisation des missions professionnelles qui lui sont confiées
- etc…
A partir des 3 projets présentés dans le cadre de l’atelier et des échanges avec les participants, un certain nombre de facteurs de réussite d’une action de formation à destination des salariés en parcours d’insertion ont été identifiés :
- nouer des partenariats sur le territoire pour mutualiser les moyens et les compétences, et favoriser la reconnaissance et la valorisation de l’action :
* employeurs actuels (SIAE),
* professionnels du secteur d’activité visé, employeurs potentiels futurs des personnes en formation
* organisme(s) de formation,
* financeurs,
* et tout autre partenaire dont l’expertise s’avère nécessaire pour la réussite du projet :
Exemples :
plateforme LUTILEA de lutte contre l’illettrisme (projet sur l’hygiène, la sécurité et l’illettrisme en Bourgogne),
Collège Coopératif d’Aix en Provence pour l’ingénierie de certification (projet « Assistant(e) informatique et internet à domicile » en PACA),
représentants des employeurs du secteur
Ces partenariats sont importants à toutes les étapes du projet :
* en amont de la formation : dans le cadre de l’ingénierie du projet, pour en garantir le bon déroulement,
* pendant : pour valoriser et soutenir le travail et l’investissement réalisés par les stagiaires
* et après : dans la perspective du retour à l’emploi.
- sécuriser au maximum les personnes pendant la période de formation afin qu’elles soient réellement disponibles pour la formation :
* levée des freins en amont de la formation tels que la mobilité, la garde d’enfants, …
* indemnisation ou salaire permettant à la personne de ne pas être obligée de choisir entre se former et travailler pour subvenir aux besoins de sa famille,
* accompagnement socioprofessionnel maintenu tout au long de la formation, le stagiaire pouvant être déstabilisé par l’impact de la formation sur le plan personnel (travail pédagogique : déconstruire pour reconstruire)
- inscrire l’action de formation du salarié en parcours d’insertion dans un projet personnel et professionnel
- impliquer les accompagnateurs socioprofessionnels, encadrants techniques ou CIP dans le montage et le suivi de la formation pour « nourrir » le travail d’accompagnement et valoriser l’action de formation dans le parcours de la personne afin que toute la dynamique créée ne retombe pas à l’issue de la formation
- prévoir en amont, dans l’ingénierie de formation, les outils et moyens de valorisation et de reconnaissance des acquis de la formation a posteriori tant par la SIAE que vis-à-vis de l’extérieur
Exemples :
obtention d’un titre, d’un diplôme ou d’une certification reconnus,
validation d’unités de valeur en vue d’une VAE ultérieure,
attestation d’acquisition de connaissances et savoir-faire,
diffusion de la production réalisée en formation,
engagement de la SIAE à proposer plus d’heures de travail après la formation, en rapport avec les acquis du stagiaire et son projet professionnel,…
- partir des pratiques professionnelles des participants favorise significativement leur adhésion à l’action de formation et la conversion des acquis en compétences. L’alternance théorie / mise en pratique est une modalité pédagogique souvent utilisée.
- prévoir dans la formation des temps d’échanges formels ou informels entre les stagiaires (déjeuner pris en commun, …)
Points de vigilance autour du rapport « formation professionnelle » et « emploi durable » :
- La formation professionnelle n’est pas une « baguette magique » et ne crée pas l’emploi durable. Elle l’étaye en développant l’employabilité, la capacité à s’adapter et à rebondir.
Attention à la communication en amont pour ne pas laisser croire aux participants à la formation qu’il y aura obligatoirement un emploi à la clé, même si, dans certains cas, l’ingénierie de formation prévoit l’engagement en amont d’employeurs à considérer la candidature, voire à recruter le stagiaire à l’issue de la formation.
- Un stagiaire qui trouve un emploi stable sans rapport avec la formation suivie : c’est aussi une réussite ! C’est souvent justement grâce aux acquis connexes de la formation (cf. § précédent).