C8 - Deux ans et après ?
14 octobre de 11h00 à 12h30
Lors du Grenelle de l’insertion, la logique de sas a été critiquée par les demandeurs d’emploi consultés. Leur avis n’a pas été pris en compte. Pourtant, cette logique entraîne une bonne part d’entre eux vers une précarisation dont ils peuvent difficilement sortir. Or, les modalités d’agrément des salariés en insertion et les différents types de contrats aidés avec leur échéance de deux ans s’inscrivent dans cette logique. Comment garantir une sortie positive ? D’autres modèles européens comme les coopératives italiennes, les entreprises d’insertion belges seraient-ils à promouvoir ? Début de réponse avec cet atelier et ses témoignages.
Intervenants : des salariés en parcours professionnel impliqués dans le projet « Participation des salariés dans la vie de l’entreprise ».
Compte-rendu de la conférence animée par Etienne LAURENT (COORACE national)
La conférence “2 ans et après ?” a porté sur des thèmes proposés et discutés par les salariés en parcours lors du Grenelle de l’insertion.
Toute l’originalité de cette conférence a residé dans l’intervention des salariés qui sont venus parler de leurs vécus, de leurs expériences.
Alors que l’animateur a dénoncé, dès l’ouverture de la conférence, une logique de sas non-conforme à la réalité, les intervenants se sont joints à lui pour poser la problématique dominante : « comment aller vers une sortie positive » au sens des salariés en insertion, lequel sens ne correspond pas forcément à celui donné par l’Administration.
Chaque conférencier a pris la parole pour présenter le vécu d’un autre : « Marie-France, 53 ans, depuis deux ans à la recherche d’un emploi… ». Puis l’animateur a entamé une réflexion sur les parcours : « le regard sur le vécu ». Lors de cette phase, la « logique du trop » a été critiquée : « trop jeune, trop vieux etc. ». Les disfonctionnements du système ont été mis en avant : les lourdeurs administratives, le danger de l’étiquette insertion, le saupoudrage d’heures qui entretient la précarité… Après une comparaison avec d’autres systèmes étrangers et la recherche de solutions (formation, recherche des besoins des entreprises…), un débat s’est instauré entre les conférenciers et l’auditoire. Lors de ces débats ont été abordées successivement :
- la question du statut des salariés en parcours lorsque ce dernier perdure pendant plusieurs années : salarié à part entière ou encore salarié en parcours ?
- la place des SIAE sur un territoire où il n’y aurait pas de problème d’emploi : lien social, accompagnement…
- la polyvalence d’un salarié en insertion qui peut parfois être un handicap,
- la représentation des salariés en insertion, jugée nécessaire.
Surtout, les conférenciers ont montré le besoin d’une reconnaissance de leurs compétences et d’une meilleure cohérence entre les propositions d’emploi et les compétences. La reconnaissance des personnes reste ainsi la revendication principale des conférenciers.
Beaucoup d’attentes ont marqué la fin de cette conférence saluée pour son intérêt et la pertinence des questions soulevées… Alors « deux ans et après ? » mais aussi, très concrètement, « et après cette conférence ? »…