L’Economie sociale et solidaire, une autre économie au service de l’homme?
13 octobre de 10h00 à 12h00 - Table ronde d’ouverture
Et si les modèles de développement et les initiatives de l’économie sociale et solidaire étaient des exemples à suivre pour refonder de manière durable le système économique actuel ? Pour y répondre, les participants de la table ronde d’ouverture s’interrogeront sur le poids politique et économique du secteur, sa capacité à valoriser ses actions auprès des décideurs et sur sa valeur ajoutée sociale… le tout pour voir comment mieux se faire comprendre, entendre et être acteur du changement.
Intervenants : Christophe CHEVALIER (Président de COORACE) ; Claude ALPHANDERY (Président d’honneur de France Active et de l’AVISE et ancien président de CNIAE) ; Marie-Hélène GILLIG (Secrétaire générale du CEGES) ; Jean-Guy HENCKEL (Directeur national du Réseau Cocagne) ; Sylvie LAROCHE (Vice-présidente « Economie sociale et solidaire » du Conseil régional de Franche-Comté).
Compte-rendu de la table ronde animée par Christian VALADOU (L’Autre Entreprise, Aquitaine)
Dans un contexte de crise où les personnes les plus fragiles sont particulièrement touchées, l’Economie Sociale et Solidaire peut-elle faire entendre sa voix ?
Pour Claude ALPHANDERY, président d’honneur du CNIAE (Conseil National de l’Insertion par l’Activité Economique), la crise actuelle donne une opportunité historique de faire reconnaître nos actions. Le secteur de l’IAE est trop souvent cantonné au rôle d’ « amortisseur » économique alors que son éthique, ses organisations de travail particulières, sa gouvernance, son ancrage territorial en font un acteur incontournable localement. Au-delà de l’IAE, l’ESS dans son ensemble, ajoute Marie-Hélène GILLIG, secrétaire générale du CEGES, doit proposer de nouveaux modèles d’organisation et faire reconnaître ses actions porteuses de sens pour la société. Or aujourd’hui ce message politique et économique est peu audible, le secteur n’étant pas suffisamment structuré au niveau national.
L’enjeu actuel est de permettre à l’IAE et à toutes les entreprises de l’ESS de changer d’échelle pour peser et enclencher la transformation profonde de la société souhaitée par tous. Les régions ont un rôle à jouer à la fois dans la valorisation des initiatives locales, l’accompagnement des réseaux sur les territoires et le financement de projets. Les régions, souligne Sylvie LAROCHE, vice-présidente, déléguée à l’Economie Sociale et Solidaire du Conseil régional de Franche-Comté, doivent autant investir dans le capital humain et l’innovation sociale que dans les infrastructures et l’innovation technologique.
Mais l’ESS a peu de temps pour changer d’échelle. Elle n’y parviendra qu’à la condition de s’appuyer sur la société civile de plus en plus sensible aux enjeux sociétaux et environnementaux, et de mettre en place de nouvelles alliances, notamment avec le monde économique dit « classique » et les pouvoirs publics. Pour Jean-Guy HENCKEL, directeur national du réseau Cocagne, pour changer le monde, et c’est notre ambition, il faut changer de posture, dépasser notre rôle « utilitaire » sur les territoires pour proposer un nouveau paradigme.
Le Livre Blanc de l’ESS, qui sera diffusé très largement dès le 1er novembre 2009 et auquel ont contribué plus de cent personnalités du secteur, poursuivra le débat de cette table ronde dans le grand public et donnera lieu à 50 propositions très concrètes pour une économie au service de l’Homme.