C6 - La mesure de la plus value et l’impact des entreprises de l’ESS
14 octobre de 9h00 à 10h30
L’un des enjeux pour l’ESS est de faire la preuve de son utilité sociale et économique auprès de ses partenaires et financeurs. Mais comment mesurer la plus-value et l’impact des activités des entreprises sociales et solidaires sur leurs territoires ? Découverte d’outils et pratiques françaises et étrangères existants.
Intervenants : Jean-Jacques GIRARDOT (Université de Franche-Comté) ; Yann FRADIN (Directeur général, Association Espaces, Insertion par l’écologie urbaine, Val de Seine) ; Jacqueline SAINT-YVES (AIRE, Basse-Normandie)
Jean-Jacques GIRARDOT part du constat que les indicateurs disponibles aujourd’hui en matière sociale ou environnementale sont rares et difficiles d’utilisation, qu’ils ne correspondent pas à des logiques territoriales pertinentes (état ou commune). L’intervention se poursuit par la présentation d’expériences novatrices et reconnues comme constituant des bonnes pratiques. Un exemple : la fondation Valdocco à Huelva en Espagne.
Compte-rendu de la conférence
Sous la pression de leurs financeurs, les entreprises de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire) se voient de plus en plus souvent contraintes d’évaluer leur action au moyen d’indicateurs déconnectés de leur projet et strictement quantitatifs. Dans ces circonstances, il est vital qu’elles développent leurs propres outils de mesure de façon à pouvoir faire la part, dans leur auto-évaluation, de leurs objectifs propres et de ceux pour lesquels elles sont financées.
Les données ainsi récoltées constituent un « point de vue » sur le territoire et les besoins des usagers ancré dans une pratique. En venant contrebalancer les données du financeur, souvent purement macroéconomiques, elles peuvent aider l’entreprise à faire valoir les spécificités de son territoire et de son projet. C’est notamment le cas pour les SIAE (Structures de l’Insertion par l’Activité Economique) dans le cadre du « dialogue de gestion ».
Au-delà du seul rapport avec les financeurs, de tels outils permettent de confronter en permanence les pratiques et le projet, d’interroger les écarts et d’effectuer les ajustements requis. Ainsi dans l’IAE (Insertion par l’Activité Economique), les démarches Qualité comme CEDRE (certification Qualité développée par COORACE) ont permis de progresser dans l’évaluation des parcours même si la valorisation de ce travail d’accompagnement auprès des partenaires pose toujours des problèmes. Ils peuvent aussi constituer un moyen d’intégrer le point de vue des usagers.
A plus long terme, pour une meilleure reconnaissance de l’impact de l’ESS sur les territoires, il est souhaitable de travailler à l’élaboration d’indicateurs partagés par les différents acteurs : structures, usagers et partenaires publics.