Trois adhérents COORACE se sont vu décerner une récompense dans le cadre du Prix Innovation le 14 octobre dernier à Besançon, lors du Congrès. Deux dimensions avaient été retenues cette année, la participation des salariés à la vie de l’entreprise et la mise en place d’un projet innovant en milieu rural. Le troisième prix, le Prix Spécial du Public, inauguré cette année, a eu pour particularité d’être décerné par un jury de salariés en parcours de la région Franche-Comté. Un critère commun dans la sélection des trois lauréats a été celui de la transférabilité du projet.
Afin de mieux connaître leur projet, la parole aux trois structures lauréates, AIDE EMPLOI SERVICES (35) RHUYS EMPLOI (56), et JURA SERVICE (39).
Prix Innovation décerné avec le soutien du Crédit Mutuel
Lauréat : AIDE EMPLOI SERVICES (35)
Action : création d’un guide du chercheur d’emploi en Pays de Redon et Vilaine.
Les demandeurs d’emploi du territoire concerné ont conçu, en collaboration avec les acteurs de l’emploi locaux dont la MEDEFI (Maison de l’Emploi, du DEveloppement, de la Formation et de l’Insertion du Pays de Redon et Vilaine), un guide destiné à accompagner tous les demandeurs d’emploi du territoire dans leurs recherches.
5 questions à Denis PROST, salarié permanent d’AIDE EMPLOI SERVICES et animateur du groupe de travail sur le guide, Didier DRUART, membre du groupe de chercheurs d’emplois “Rebond-dire à Redon” à l’origine du “Guide du chercheur d’emploi en Pays de Redon et Vilaine”, et Gérard HUET, Président d’AIDE EMPLOI SERVICES.
Quelle a été la genèse du projet ?
DP : Nous avions organisé une réunion entre chercheurs d’emplois en 2006 sans savoir à l’époque où cela nous mènerait. Nous souhaitions très simplement entendre les préoccupations des demandeurs d’emploi à qui nous demandions : « Que voudriez-vous voir changer dans votre vie quotidienne » ? La réponse : « Avoir du travail ! » Cette réponse, évidente somme toute, a abouti à la rédaction sur 6 mois d’un livre blanc sur le chômage en pays de Redon et Vilaine. Le contenu du livre portait sur les obstacles et moyens de trouver un emploi, sur les services à disposition et plus généralement sur les moyens d’améliorer sa condition. Au final : un rapport de 60 pages avec des propositions. C’est de cette démarche globale qu’est née l’idée du guide.
Pourquoi précisément ce guide ?
DD : Les outils existants étaient inadaptés avec une information dispersée. Nous avions aussi envie de réaliser quelque chose de concret sur un sujet qui nous concernait.
DP : Pour la structure, la motivation de nouer le dialogue entre chercheurs d’emploi et partenaires autour d’un projet commun a joué.
Comment s’est organisée la coopération avec les partenaires ?
GH : L’ensemble des partenaires de la MEDEFI était ouvert à l’idée de construire de nouveaux outils. Par ailleurs, un Conseil Consultatif avait été mis en place auprès des acteurs de l’emploi et du développement économique. C’est dans ce cadre favorable que la collaboration a pu démarrer. Concrètement, un groupe de travail composé de demandeurs d’emploi et de partenaires (MEDEFI, PIJ, ML, CIO, GEIQ Entraide Rurale, ETT locale) s’est réuni régulièrement ; Il a été complété de réunions plénières et thématiques réunissant à chaque fois en moyenne 7 salariés en parcours en plus des représentants des partenaires ou de la structure.
Et après ?
GH : 3000 impressions sont prévues dans les semaines qui viennent et, d’ores et déjà, les mises à jour des versions papier et en ligne sont programmées ! Par ailleurs, le guide va être transmis à Martin HIRSCH, Haut Commissaire aux Solidarités Actives, en espérant que d’autres acteurs reproduisent l’action.
Quelle valeur a ce prix à vos yeux ?
DD : Nous sommes fiers de voir notre travail reconnu et nous pensons avoir été utiles à d’autres chercheurs d’emploi.
DP : Le prix donne du poids à notre démarche sur le territoire. C’est un atout stratégique et une bonne réponse aux réserves parfois formulées sur la participation des chercheurs d’emploi.
Le prix en photos…
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Prix Innovation décerné avec le soutien du Crédit Coopératif
Lauréat : RHUYS EMPLOI (56)
Action : création d’un Conseil Consultatif des salariés en mission.
RHUYS formalise la participation et l’expression des salariés en parcours à la vie de leur entreprise en créant un Conseil Consultatif de salariés en parcours.
3 questions à Armelle LE BORGNE, Conseillère en Insertion Professionnelle au sein de RHUYS EMPLOI et Etienne LAURENT, Président de RHUYS EMPLOI.
Quelle a été la genèse du projet ?
AL : Il s’est agi au départ d’actions collectives initiées avec des salariés en parcours, notamment d’échanges de pratiques entre salariés du Proxim’Services et de l’association intermédiaire. Cela a amené des personnes à expliquer leurs parcours, à exposer leurs expériences et savoir-faire, en un mot « à s’exprimer ».
A partir de là, les salariés en mission ont souhaité davantage de moments d’échange pour bénéficier d’une dynamique de groupe jugée par eux très positive.
C’est aussi notre volonté d’introduire du collectif dans nos pratiques par exemple en associant collectivement les salariés concernés au projet complémentarité d’activité.
Suite à l’intervention de Christophe LEMOINE sur la démarche Qualité, un groupe, devenu noyau dur, a été constitué pour participer comme les permanents à la démarche Qualité.
Par la suite, ce groupe élargi de salariés a participé au compte rendu d’activités annuel lors de l’assemblée générale. Cela a été important pour les salariés en mission comme pour les permanents et autres participants.
Depuis, des réunions animées par le président avec un ordre du jour construit à la demande des salariés sont régulièrement organisées (tout les 2 mois) pour consulter ces derniers sur un certain nombre du sujets ayant trait à la vie de l’entreprise. Le Conseil Consultatif est ainsi né et son existence a été validée par le conseil d’administration.
Quelle est la plus-value du Conseil Consultatif ?
EL : Ce Conseil Consultatif est devenu un outil de management et d’intégration dans la structure. Il permet un retour sur les services rendus aux clients, une meilleure perception des besoins des salariés en mission ; il favorise leur implication dans le projet de l’entreprise et en retour il conforte leur identité professionnelle et les valorise. Il permet de modifier de manière tangible la façon de se percevoir.
La participation des salariés en mission interroge les salariés permanents sur leur statut et leurs rapports avec ces « autres salariés ».
Et après ?
EL : La prochaine étape formelle est le vote par la prochaine Assemblée Générale d’une modification du règlement intérieur de l’association qui instituera le fonctionnement du Conseil Consultatif de salariés en parcours. C’est aussi l’organisation, avec l’aide du conseil, d’élection des délégués du personnel en 2010. C’est encore l’étoffement du conseil avec une meilleure représentation des différents salariés participants à nos projets et son extension au GES que nous sommes en train de créer avec AES d’Elven. Alors après ? C’est tout simplement la poursuite de notre démarche en dynamique constante.
Quelle valeur a ce prix à vos yeux ?
EL : C’est une mise en valeur d’une démarche quotidienne, stimulante, inscrite dans la durée. Le prix valorise le travail du conseil et nous donnera aussi des moyens financiers pour continuer en 2010 les travaux liés à ce projet.
Le prix en photos…
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Prix Innovation décerné avec le soutien de la Macif
Action : JURA SERVICE (39)
Action : création du programme « Moteur… Action ! ».
JURA SERVICE a créé un poste « d’accompagnateur - développeur », en vue d’assurer notamment, en complémentarité de l’accompagnement socioprofessionnel individualisé dont ils bénéficient, des salariés sur leur lieu de travail et retour au domicile afin de permettre la réalisation de missions de travail, via le développement de compétences, et faire face ainsi au défaut de moyens de transports au moment du lancement du projet.
4 questions à Patricia GUIBOUX, directrice de JURA SERVICE.
Quelle a été la genèse du projet ?
PG : Tout est parti d’un constat réalisé en 2007 : malgré une situation urbaine et périurbaine, un demandeur d’emploi sur 2 rencontre un problème de mobilité. Il s’agit majoritairement de femmes âgées en moyenne de 40 ans. Ce problème de mobilité concerne des personnes avec des projets professionnels différents mais, dans tous les cas, peut aller jusqu’à l’abandon et/ou la perte de la mission. De ce constat à l’aboutissement de l’action et donc à la solution, 18 mois seront nécessaires ! L’idée est de louer un véhicule et de recruter un accompagnateur (et non pas un chauffeur !) tout en mobilisant les salariés pour lier résolution de la problématique de mobilité et retour à l’emploi.
Il aura fallu ensuite rencontrer et convaincre différents partenaires pour obtenir leur assentiment et soutien.
Quelle est la spécificité de ce projet autour de la mobilité ?
PG : Nous avions la volonté de ne pas faire de l’assistanat. Il a fallu défendre cette position à laquelle nous étions fermement attachés.
Pour cela, nous avons opté pour une participation des salariés (5 à 30€, en fonction du volume d’heures réalisées sur le mois) et la signature avec les salariés concernés d’un contrat d’engagement pendant 6 mois, renouvelable une fois.
Et après ?
PG : 16 demandeurs d’emploi avaient été pré-identifiés par les chargées d’accompagnement au démarrage. Aujourd’hui, 31 personnes en ont bénéficié dont 12 sont sorties vers un emploi durable ou une formation. 5 solutions mobilité ont été trouvées. Parallèlement à cela, nous sommes parvenus à une prise de conscience sur la mobilité (ou l’absence de mobilité) comme l’un des freins principal au retour à l’emploi. Les pouvoirs publics et plus précisément la communauté d’agglomération du grand Dole, nouvellement constituée, a ainsi développé son offre de transports (de 3 lignes de bus, nous sommes passés à 20) et a associé JURA SERVICE, ainsi que d’autres structures de l’IAE, à la réflexion sur les lignes à mettre en place, les problématiques rencontrées. Les clients eux-mêmes ont réagi positivement en acceptant d’adapter certains horaires d’intervention à ceux des transports.
Nous souhaitons maintenant participer à la création d’une véritable plate forme mobilité, commandée par le Grand Dole, entre les structures IAE du bassin d’emploi en y intégrant des action déjà en place comme : « se repérer dans la ville » (ALCG), de la préparation au code de la route (TEMPO et AGATE PaYSAGES), la présentation aux examens du code de la route (POINFORE) et la mise à disposition d’un véhicule ou moyen de transport (JURA SERVICE et ROUE DE SECOURS 39).
A terme, nous visons l’ouverture d’un local d’informations « tout public » autour de ces services qui seront portés par Roue de secours 39.
Quelle valeur a ce prix à vos yeux ?
PG : Nous avons reçu le Prix spécial, remis par un jury constitué de salariés en parcours. C’est ce qui nous a le plus touchées. C’est une belle reconnaissance. Elle tombe à point après tant d’efforts pour monter ce programme et à l’heure où certains ont encore des doutes sur sa pertinence.
J’espère aussi que ce prix va nous ouvrir quelques portes ! Dans tous les cas, il va motiver l’équipe et nous donne déjà l’envie d’essaimer…
Le prix en photos….